Pendant ce temps en tricot

J’ai fini le pull Strange Brew (article à venir) et je peux enfin attaquer le magnifique alpaga que j’ai filé moi-même 😍

C’est un alpaga peigné que j’ai obtenu en 2008, en échange de traductions de modèles de tricot pour l’élevage Farrlacey. J’en ai donné beaucoup mais je m’en suis gardé un peu, et je me suis décidée à attaquer ces 500 g.

Au final ça ne fait pas tant que ça, j’ai filé finement trois brins retordus et j’obtiens environ 1140 m. Un peu plus gros qu’un fil à chaussette.

Pour le rentabiliser, je le tricote en 3,75 mm pour avoir un rendu aéré et si possible pouvoir faire un pull. J’ai jeté mon dévolu sur le modèle Buckwheat de Veera Valimaki. Mon échantillon ne correspond pas à celui du modèle mais la différence n’est pas énorme, je peux donc me contente de changer de taille.

Pour un tour de poitrine réel de 99 cm, je tricote la taille M.

J’adore les petites bulles qui se forment à la surface de la fibre

On poursuit dans le modélisme !

Comme prévu initialement quand je me suis à la formation modélisme de Bérénice, The French Seamstress, je me suis attaquée au pantalon ! Pas une mince affaire, j’ai patronné deux bases différentes, fait plusieurs versions de chaque, mais je suis arrivée à un résultat qui convient à Bérénice. À moi un peu moins parce que j’aurais voulue que ce soit parfait sur la toile mais c’est peut-être irréaliste 🙂

Après un gentil coup de pied aux fesses, il était temps de se lancer. J’avoue qu’après presque 4 jours complets de modélisme, j’avais besoin de faire une pause.

Palate cleanser : un ensemble pyjama- robe de chambre

Je reviendrai plus tard sur ce gros projet (7 m de tissu quand même), mais tout ça pour dire que je me suis changé les idées du modélisme avec ce projet qui part en majorité de patrons existants, déjà testés, donc pour lesquels je n’ai pas besoin de faire d’ajustements parce que jpp des ajustements.

En ce dimanche 23 février, ce projet est gentiment en cours, les pièces sont coupées. Je réfléchis à ce que je vais mettre comme passepoil, il me faut du bleu marine ou du beige pour aller avec le motif et je dois trouver de la cordelette. Je vais tenter de créer une cordelette du bon diamètre avec trois fils que je vais retordre au rouet.

J’ai envie de prendre mon temps pour ce projet, faire des belles finitions, parce que je souhaite que cet ensemble m’accompagne un moment.

Autre palate cleanser : la housse de planche à repasser

J’ai une mini planche à repasser de chez IKEA bien pratique et il était temps de remplacer sa housse. C’est pas l’éclate comme projet mais au moins c’est fait ! J’ai pris un tissu issu du stock de ma mère, un coton rayé rose et blanc – je le souviens bien d’une jupe qu’elle portait faite avec ce tissu au début des années 90 😊. Cette couleur c’est pas trop ma tasse de thé mais ces rayures ont le bon goût de faire 1 cm de large, voilà qui sera pratique pour le repassage !

Retour à nos moutons : modélisme

Bref tout ça pour dire que je le suis lancée hier dans la confection de mon premier pantalon à partir de ma base TFS. J’ai envie d’un genre de chino, avec les modifications suivantes :

  • Une hauteur un peu au-dessus de la ligne de bassin
  • Une ceinture en forme de 4 cm de haut
  • Des poches italiennes, peut-être avec empiècement

Pour la largeur de pantalon, je me suis basée sur des patrons existants : j’ai pris tous mes patrons Ottobre et j’ai mesuré la largeur au genou et à l’ourlet, en séparant le dos et le devant. Au fil des ma collecte, je me suis dit que c’était mieux avec les indications de tissu. Idéalement il faudrait que je reprenne tous mes patrons pour compléter l’info. Une autre fois..

Test aujourd’hui avec un tissu trouvé en soldes chez Toto, une Bengaline en viscose, polyamide et élasthanne. Ce tissu a l’étrange particularité d’être pas du tout extensible à contrefil et très extensible dans le droit fil. Affaire à suivre…

DAH 1047 – une blouse des années 30

Je me suis enfin lancée dans la couture vintage ! Avec une entrée dans les années 1930, qui me paraissent les plus faciles à intégrer dans ma garde-robe. Je suis tombée en amour pour ce haut dont le patron est vendu chez Mrs Depew pour 7,95 $.

C’est un patron de la série Draft-at-Home, qui fonctionne sur le même principe que la Coupe d’Or et Lutterloh. Vous avez un patron en réduction (ici il fait 10 cm de côté) et à l’aide de règles fournies différentes selon votre taille, vous allez agrandir le patron pour obtenir un patron à l’échelle 1:1. Merci l’homothétie !

N’est-ce pas trop chou ?

Le modèle 1047

Tout ce que je sais de ce haut, c’est l’image d’illustration : il n’y a pas de vue de dos. Le patron comprend les pièces suivantes – et uniquement celles-ci : devant, dos, manche, col, pan. Il y a donc des parties non incluses : instructions, poignets, système de fermeture.

Il y aura donc une série de décisions à prendre !

Le traçage du patron

  • Plastifier le modèle à taille réduite et l’installer sur du carton
  • Se positionner au bord. Utiliser la bonne règle
  • Repérer les points et les croix
  • Tracer les contours, les lignes intérieures et les repères
  • Ajouter le nom des pièces et le droit fil quand on le connaît
  • Ajouter des marges de couture

Premières vérifications

Avant même de couper une version test, il faut absolument vérifier les tracés et les correspondances de couture, vérifier les lignes de couturage (trueing), ajouter des repères, compléter les droits fil quand on ne les avait pas, indiquer le nombre de pièces à couper et si c’est sur la pliure.

Ensuite, il faut élaborer l’ordre de la couture : ici d’abord les pinces des manches, plis des manches, assemblage des différentes pièces devant et dos, réalisation de l’ouverture dos, assemblage dos-manche-devant-manche au raglan, assemblage des côtés, pose du col, pose des poignets.

Avant même de faire une toile, je sais que je dois faire quelques premières modifications : je sais d’avance que la manche ne sera pas assez large au biceps, il manque 4 cm. Le tuto de 5 out of 4 patterns sur YouTube pour un full bicep adjustment va m’aider à y remédier.

Version test

J’ai fait ma toile dans un tissu de drap housse très dense et sans aucun stretch mécanique, pas mal pour voir les défauts. Je peux constater quelques problèmes : le corps est trop court et pas assez large en bas, les pinces de manche sont trop rectilignes. Je peux quand même valider les poignets et le système de fermeture.

Il ne me reste qu’à reporter ces modifications sur le patron et créer de nouvelles pièces dos et devant.

Et la version finie !

Pour ma version finie, j’ai choisi un tissu de mon stock, venant de ma mère, c’est un crêpe de polyester, qui ne marque pas du tout les plis au repassage mais qui en revanche prend bien les impressions de fer à repasser si c’est un poil trop chaud.. Sinon, c’est un tissu suffisamment lourd et surtout assez fluide pour correspondre à ce que j’envisageais.

Je suis super contente du résultat, je trouve que ce haut passe tout à fait inaperçu pour un patron vintage mais qu’il présente quand même des éléments originaux : les découpes à angle droit sont caractéristiques de cette période, on en retrouve absolument partout dans les années 30 et 40.

J’adore aussi les manches 3/4 bouffantes, j’aime le volume qu’elles apportent !

Je ne pense pas que je le referai, il y a tant d’autres chouettes patrons à explorer. Côté vintage, j’espère que mon prochain projet sera un projet Haslam !

Jupe de base TFS v2

Après la première version du bloc de base, j’ai quelques modifications à apporter :

  • 2 pinces devant, c’est trop pour moi
  • les pinces devant doivent être raccourcies à 11 cm de haut
  • les pinces dos doivent être rallongées à 16 cm de haut
Jupe de base TFS v2
à gauche, v1 – à droite, v2

c’est pas encore ça : ma ligne de taille n’est plus horizontale, la ligne de côté est inclinée vers l’arrière en haut et vers l’avant en bas

Modélisme again ! jupe de base TFS v1

Après mes réflexions sur le modélisme dans mon dernier podcast, celui qui traitait de la jupe en laine que j’ai patronnée moi-même, je suis tombée sur le compte Instagram de Bérénice Joyeux, the French Seamstress. C’était sur un post où elle expliquait les modifications de la fourche dos pour un pantalon et j’ai trouvé ça extrêmement clair, j’ai beaucoup aimé le ton qu’elle a employé.

Dans mon commentaire, je disais OK c’est très bien, mais comment on fait pour avoir une super base de patron. Et c’est là qu’elle m’a répondu qu’elle avait une formation en ligne pour apprendre à créer ses blocs de base et faire des transformations.

Ce que je trouve amusant, c’est que je suis tombé sur son post le lendemain ou le surlendemain de la publication du podcast où je déplorait l’absence de formation en ligne, enfin pas forcément l’absence, mais que je n’avais pas trouvé ce qui me convenait. Après quelques échanges avec Bérénice, et quelques ours de réflexion, je me suis lancée et j’ai acheté la formation complète, soit les blocs de base et les transformations. Ce n’est pas tout à fait donné, ça m’a coûté 210 €, mais j’espère que c’est un bon investissement.

Ça fait partie de mes projets 2025 (voir le billet précédent) et je m’y suis donc attelée la semaine dernière en commençant par prendre mes mesures.

La prise de mesures ce n’est jamais un très bon moment, surtout quand on a pris un peu de volume, ce qui est mon cas en ce moment. Mais bon, il faut l’accepter, et garder à l’esprit l’objectif qui est d’avoir des vêtements qui sont à ma taille, peu importe le chiffre qui est derrière. Mon projet central est d’arriver à avoir un pantalon mettable pour le printemps.

Après donc cette prise de mesures, je me suis attelée aujourd’hui à la création du bloc de base pour la jupe. Rien d’extraordinaire, on part du tour de bassin, et du tour de taille, on place les pinces, dans mon cas, cinq pinces au total.

La toile est faite dans un vieux drap de coton. J’ai décidé de faire une couture milieu dos pour pouvoir y insérer une fermeture à glissière invisible.

Ready! Évidemment c’est le jour où mon fer a décidé de se vider sur mon papier à patron
Hauteur de jupe60 cm
1/4 tour de bassin32 cm
1/4 tour de taille 22.5 cm
Hauteur taille-petites hanches11 cm
Hauteur taille-bassin27 cm

v0 : je me suis trompée dans mes mesures et j’ai pris le tour de petites hanches pour faire mon patron – évidemment c’est trop petit !!

v1 : la toile issue du patron refait

Mes débuts en moulage

Quand on commence à se demander comment est créé un patron, comment confectionner ses propres modèles, arrive un moment où on s’intéresse au moulage. Le moulage c’est cette technique de patronage en 3D, où au lieu de partir de mesures à plat et de créer un patron avec du papier, des règles et des perroquets, on va mettre en forme un tissu directement sur un mannequin, puis utiliser ce tissu mis en forme pour créer un patron.

Les pré-requis

Bien sûr, il va falloir du tissu à patron. En général c’est une toile de coton ni trop fine ni trop épaisse, et qui n’a aucune élasticité. Comme dans le cas de la réalisation d’une toile, si on prévoit un vêtement dans un tissu stretch, je suppose qu’il faut faire son moulage avec un tissu ayant les mêmes propriétés.

Ensuite il faut un mannequin à ses mesures (ou aux mesures de la personne pour qui on fait le moulage). C’est sûrement la partie la plus complexe. On ne va pas se mentir, les mannequins réglables ne sont en aucun cas proches de nos mesures ! Il faut donc le plus souvent partir d’une base et augmenter les volumes pour avoir quelque chose d’approchant. Ou alors avoir les moyens de se faire faire un mannequin sur mesure mais ça coûte plusieurs centaines d’euros.

Cours sur internet

Il existe au moins deux cours sur internet, le plus ancien sur Craftsy par Paul Gallo et le plus récent sur Artesane par Sophie Valantoine, dont une masterclass est disponible sur YouTube (partie 1 et partie 2).

Il y a aussi des livres sur le sujet mais je n’en ai consulté aucun (pour l’instant).

Première étape : poser les bolducs

Les bolducs, ce sont ces rubans dons, adhésifs ou non, qu’on vient positionner sur le mannequin pour donner les lignes directrices. D’après ce que j’ai compris, il y a les lignes principales (milieu devant et dos, côté, encolure et emmanchure) et puis on peut en ajouter pour définir le style, par exemple d’une encolure.

J’ai utilisé de la soutache pour faire les miens et ils sont posés avec de simples épingles. C’est loin d’être parfait surtout qu’avec l’utilisation de la mousse pour rembourrer, ce n’est pas très dense et les épingles du bas ne tiennent pas très bien. J’ai aussi positionné mes lignes de côté trop en arrière et ça se voit sur le premier projet.

C’est parti pour le moulage

On commence par couper une pièce de toile de coton rectangulaire, en suivant bien le droit-fil, de la hauteur prévue de la pièce plus quelques centimètres, et de la largeur prévue de la pièce, plus quelques centimètres.

A l’aide des mesures sur le mannequin, on positionne la ligne de poitrine, la ligne de taille et le milieu : ces lignes sont tracées au crayon à papier sur le tissu. Ensuite on vient positionner le tissu sur le mannequin avec des épingles, on vérifie bien les milieux et les lignes horizontales et on lui donne la forme voulue.

Dans le dos, pour avoir assez d’aisance, on ajoute très légèrement du tissu, par petites touches, le long de la ligne de carrure (sur les omoplates).

Une fois la forme souhaitée, avec des pinces et l’ensemble cranté si besoin, on trace au crayon les contours finis et les pinces, ainsi que tout autre élément qui pourrait être utile pour le patron.

Puis on décroche le tissu et on le repasse un bon coup : voici une première ébauche de patron !

Place à la toile

L’étape suivante est la même quelle que soit l’origine du patron : il faut tester ! J’ai fait la toile dans un tissu matelassé qui est dans mon stock depuis de nombreuses années. Cette étape m’a permis de me rendre compte de plusieurs choses :

  • Ma ligne de côté est donc trop en arrière
  • Mon raccord d’encolure à l’épaule n’est pas terrible
  • Le tout est un peu trop court

Et enfin, le projet final

Après les ajustements faits grâce à la toile, je me suis lancée dans la réalisation de ma pièce finale, que j’ai choisi de faire dans un simili laine bouillie qui est en fait du pur polyester (mais comme il est tout doux, je lui pardonne) et du lin bleu pour la doublure.

Je m’y suis assez mal pris pour la construction, je n’ai pas l’habitude de réaliser des pièces doublées sans manches et je pense qu’il y a moyen de faire plus de couture à la machine que je n’en ai fait. Ne sachant pas bien comment poursuivre, j’ai fait plein de coutures à la main, le point ne se voyant pas du tout dans ce tissu en relief.

Avec mes plus beaux chaussons ! assortis à mon gilet 🙂

Bilan

  • Ce que j’ai appris : clairement, une toute nouvelle technique, très satisfaisante
  • Est-ce que je le referai : oui ! Le moulage permet de voir directement ce que peut donner un vêtement. Toute la difficulté est d’avoir un mannequin au plus proche de notre morphologie
  • Ce que je ferais différemment : pour le moulage en lui-même, je dois modifier la ligne de côté de mon mannequin. Pour la couture de cette pièce, je devrais trouver une technique pour que le montage soit plus simple

Projets 2025

J’adore faire des plans, en particulier dans le domaine créatif. , il n’y a rien qui m’amuse plus, ce qui ne veut pas forcément dire que je vais terminer les plans en question. Mais l’élaboration des plans est une phase extrêmement stimulante .

  • Pas forcément projets individuels, plus des choses que j’ai envie de développer, projets au long cours
  • Bombers
  • Faire un modèle des années 30 avec la technique Haslam
  • Continuer le moulage si la première étape a marché
  • Continuer en modélisme avec peut-être les cours de The French Seamstress pour arriver enfin à faire un pantalon qui me va !
  • Finir mon botanic quilts, commencé il y a 3 ans
  • Apprendre les bases de la dentelle aux fuseaux
  • Intégrer la pratique de la broderie de luneville un peu plus dans mon quotidien pour avoir une chance de progresser

Mes projets pour 2025

Comme beaucoup, j’adore le début d’année, c’est l’occasion de faire des projets qu’on ne mènera pas à bout 😄
Plus sérieusement, j’adore planifier des projets, les décortiquer pour en extraire les principales étapes, établir un calendrier. Tout est encore possible à ce stade. Et puis la vie suit son cours, de nouveaux projets viennent s’intercaler et finalement, le beau Programme établi en début d’année n’a plus lieu d’être.
J’ai appris au fil des années à ne pas tellement me soucier de cela. Je ne considère pas ça comme un échec, ce n’est ni bien ni mal, c’est.
Alors autant profiter de ce qui me fait plaisir, c’est-à-dire la planification, et accepter que tout ne sera pas réalisé, et ce n’est pas grave car il y aura plein d’autres projets. Je me laisse ainsi le loisir de me laisser surprendre par ce qui arrive.
Je n’ai donc pas ici des projets très précis, plutôt des grandes tendances.

Projets pour 2025

  • Apprendre ou poursuivre mon apprentissage du modélisme. Je me suis inscrite à la formation au patronage à plat de The French Seamstress. Je teste aussi le moulage. Que de jolies choses à venir !
  • Apprendre la dentelle aux fuseaux. J’ai les fuseaux – c’est un bon début – et je dois maintenant trouver une formation, un cours ou un modèle qui explique bien le processus et qui ne soit pas trop lourd. J’ai en tête la réalisation d’une bordure en dentelle à appliquer à une encolure en V.
  • Pratiquer la broderie de Lunéville. J’ai tout ce qu’il faut, il faut juste que je m’y mette !

Episode 1 : Patronner une jupe à panneaux

Bienvenue dans ce premier « vrai » épisode ! Si vous avez écouté les contenus précédents, vous aurez constaté qu’ils étaient conçus plutôt comme des journaux créatifs, mais pas nécessairement comme des touts homogènes. 

Aujourd’hui donc, je vous propose un épisode sur le format que j’avais imaginé quand j’ai pensé initialement à ce podcast : un moment où je vous emmène du début à la fin dans un projet lié aux arts du fil. 

L’épisode du jour, c’est un projet théoriquement pas trop compliqué mais on va voir que ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas faire attention. Je projette donc de me faire une jupe d’hiver à panneaux.

Suivez-moi dans cette aventure !

Ressources : 

Très fière de mon zip invisible !
La jupe en mouvement